Je commence par là, parce que c'est la raison pour laquelle ce guide peut t'aider.
Avant
Perdu, puis parti
Je viens du sud de la France. À un moment de ma vie, j'étais perdu. Je ne savais plus où j'allais. J'ai voulu changer d'air, quitter ma ville. Une opportunité s'est présentée en Angleterre et je l'ai saisie. C'est là-bas que j'ai appris l'anglais, en travaillant, job après job, au contact des gens. Je ne savais pas encore que ce serait un jour ce qui me ferait vivre.
En 2022, un frère m'a parlé de l'enseignement de l'anglais en ligne et du diplôme qu'on peut obtenir. Je l'ai passé vraiment « au cas où ».
Début 2024
Une décision folle
Je n'avançais plus. Professionnellement, c'était comme si je n'avais plus rien à faire là-bas. J'ai décidé de partir au Maroc. C'était une décision folle : je n'avais aucune économie de côté. Pourtant, en quatre mois, nous étions partis. Je crois que l'intention sincère, la niyya, y est pour beaucoup.
Le départ
Parti avec 3 000 €
Quand est venu le temps de faire la hijra pour de bon, j'ai placé ma confiance en Allah et je suis parti avec 3 000 €. Je me suis dit : tu as six mois pour trouver ta subsistance.
En réalité, rien ne se passe comme prévu, et l'argent part très vite.
Le plus dur n'est ni le départ, ni l'installation. Le plus dur, c'est la question qui tourne dans la tête quand on part sans plan de travail : mais que vais-je faire pour gagner de l'argent ?
Un mois après l'arrivée
Le mur
Un mois après mon arrivée, je me suis dit : le temps passe vite, bouge-toi. Il fallait que je devienne professeur d'anglais. Je ne le voulais absolument pas. En plus, j'avais un gros syndrome de l'imposteur : l'anglais n'est pas ma langue maternelle, comment oser l'enseigner ?
Mais quand tu es face au mur, que tu vois ton argent descendre, il faut faire quelque chose à ta portée. L'enseignement était la chose la plus simple et la plus rapide à mettre en place. Il n'y avait rien à investir, et de toute façon je n'avais aucun moyen d'investir.
J'ai commencé à faire les causes : je me suis inscrit sur des plateformes, puis j'ai payé pour diffuser une publicité sur un canal Telegram.
Une idée simple
Quinze euros
L'annonce sur le canal Telegram : quinze euros, vingt-quatre heures. Cela m'a rapporté un élève, qui est resté un mois et m'a payé 40 €. J'ai recommencé : trente euros pour sept diffusions, et cette fois, cinq élèves. Quatre d'entre eux sont toujours avec moi, plus d'un an après.
Je te laisse faire le calcul. Ce que j'ai fait est simple : une annonce, un message clair, un cours d'essai gratuit. Tout cela est dans le guide.
Troisième mois
Le snack, et une heure et demie du matin
Au troisième mois, j'ai pris un travail dans un snack, pour ralentir la baisse de mes économies. Je devais finir vers 23 h. Mais ça débordait souvent.
Un soir, il était une heure et demie, presque deux heures du matin quand j'ai fini. Je suis rentré en me disant : « Je n'en peux plus. »
Je me suis douché, et je me suis mis à prier. À invoquer mon Seigneur, pour qu'Il me facilite, qu'Il m'ouvre une issue.
Quelques jours plus tard, Allah m'a facilité : j'ai obtenu un autre élève via une plateforme.
Je ne te dis pas que l'invocation remplace le travail. Je te dis qu'elle en fait partie. Quand la situation est dure, c'est le moment de multiplier les invocations. Pas à la place des causes : avec elles.
Un mois entier
Un mois de silence
Je me suis inscrit sur une plateforme. Pendant un mois, il ne s'est rien passé. Le néant. J'étais à deux doigts de me désinscrire. C'est mon épouse qui m'a dit : « Non, reste dessus. Tu n'as rien à perdre. »
Quelques jours plus tard, un premier élève via la plateforme (cela s'est produit après être rentré épuisé et avoir demandé à Allah de me faciliter). Le cours d'essai s'est très bien passé. Il a pris trois cours par semaine pendant quatre mois.
Après six mois
600 € par mois
Après six mois de galère et de doute, j'ai atteint mon objectif : 600 € par mois. En octobre 2025, j'ai reçu 766,64 €. Mes économies de six mois avaient duré cinq. Il s'en est fallu de peu.
Six mois d'économies prévus : cinq tenus.
Aujourd'hui
Ce que la hijra m'a appris
Avant de partir, on sait qu'on doit faire confiance à Allah. On le dit, on le croit. Mais quand on le vit, c'est tout autre chose. Quand la pression financière monte, que tu n'as pas d'aide sociale, que tu ne peux pas trouver facilement du travail comme en Europe, tu t'en remets à Allah comme jamais.
Aujourd'hui, chercher ma subsistance n'est plus un problème pour moi. Pas parce que j'ai beaucoup d'argent, mais parce que je sais que je vais réussir à payer mon loyer et à manger, et c'est l'essentiel. Mais le tawakkul n'est pas l'inaction : j'ai fait toutes les causes, et le travail n'en est qu'une.